Une intégration réussie | Fédération Française de Tennis

Le paratennis

Une intégration réussie

Entretien avec Jean-Pierre Limborg, membre du CST, chargé du paratennis

« Quelque chose de très fort se dégage de notre sport »

Entretien avec Jean-Pierre Limborg, membre du CST, chargé du paratennis

 

Comment accueillez-vous l’intégration du tennis-fauteuil à la FFT ?

C’est un grand bonheur, l’aboutissement de tous les efforts consentis depuis de nombreuses années au sein de la FFH (Fédération Française Handisport). Cette intégration était demandée par les joueurs et les joueuses depuis longtemps. Quelle meilleure reconnaissance que de rentrer définitivement dans la famille du tennis ? Évidemment, il y a un peu de crainte aussi. Quand on casse les routines, quand on est devant un changement, il y a toujours une appréhension. Nous savons qu’il faudra être patients. Les choses ne se feront pas en un claquement de doigts. Nous allons nous intégrer dans la grande famille du tennis, il va donc falloir modifier notre fonctionnement.

 

En quoi ce rapprochement va-t-il aider la pratique du tennis-fauteuil ?

Il y avait d’abord une aberration : il nous fallait deux licences pour pratiquer notre sport, une licence FFT et une autre FFH. Dorénavant, pour jouer au paratennis, un club FFT n’a plus besoin de s’affilier à la FFH et les joueurs non plus. C’est une première grande victoire symbolique. Dorénavant, la véritable nouveauté est que le paratennis sera intégré dans chaque direction, département, commission et service de la FFT. Il y en aura dans la comptabilité, la finance, le règlement, l’antidopage, dans le service communication, partout ! Nous avons déjà un circuit de 28 tournois tennis-fauteuil, avec un championnat de France individuel, par équipes, vétérans, de sourds et de malentendants. Nous sommes déjà très bien structurés, mais il va falloir dispatcher toute cette organisation dans les différents services de la FFT. La grande idée est d’avoir un DTN adjoint en charge du paratennis, car il faudra une personne compétente pour décider de la politique sportive du paratennis. Car notre point faible est le manque de juniors, il y a peu de relève.

 

Quels sont les principaux axes de travail sur lesquels vous allez devoir plancher ?

J’en distingue trois. En premier lieu, la communication : faire savoir aux clubs que la FFT gère le paratennis et que c’est une pratique extraordinaire. La plupart des handis ont vécu un traumatisme. Jouer au tennis-fauteuil, c’est retrouver une confiance en soi, qui aide à se réintégrer et qui fait vivre des aventures passionnantes. Mais beaucoup de clubs ne sont pas au courant de ce rapprochement. Deuxième point, recruter des jeunes et préparer une relève. Comme dit le président Bernard Giudicelli, il faut « agir et gagner ». Nous avons huit ans pour construire une nouvelle équipe de France. Nous allons essayer de monter des académies nationales pour former des jeunes à cette discipline et en faire des grands joueurs. Enfin, dernier point, nous souhaitons développer la pratique, avec l’objectif ambitieux de doubler le nombre de licenciés en huit ans.

 

Que de défis !

Oui ! Notre but est que toutes les règles du paratennis s’harmonisent avec celles de la FFT. Nous devons être intégrés, mais pas “digérés”. Nous sommes 300 parmi des millions. Nous avons une spécificité. Quelque chose de très, très fort se dégage de notre sport.

 

Propos recueillis par E. B.